Terrasse-loggia de la villa classée, mur en granit rose et large débord de toiture bois, pinède de La Baule

Le Belvédère des Cimes

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  • 2024
  • La Baule-Escoublac (44)
  • Surélévation et extension d'une maison individuelle classée
  • 57 m² créés
  • Privé

Surélévation en secteur classé à La Baule : réinventer une villa classée de 1953

Il est des architectures qui semblent avoir toujours été là. Sur les hauteurs boisées de La Baule-Escoublac, avenue discrète proche des tennis, cette villa de villégiature de 1953 — dessinée par l’architecte Paul Maître et distinguée au titre du Patrimoine Architectural Intéressant — tient le haut d’un jardin dunaire en pente, face aux courts du Sporting et adossée à la fraîcheur du Parc des Dryades. Conçue pour les seuls étés, fatiguée à l’intérieur mais intacte dans sa silhouette moderniste, elle attendait son second souffle.

Notre projet prolonge son écriture plutôt qu’il ne la corrige : élever sans jamais dominer, agrandir sans rien trahir de la matière d’origine. Cette surélévation en secteur classé — un étage discret, franchement en retrait — vient coiffer la villa pour y loger une famille à l’année, sans rompre l’alignement du littoral ni l’intimité de la pinède.

Façade de la villa classée de 1953 surélevée d'un étage en retrait, granit rose et bois, dans la pinède à La Baule
Coupe aquarellée de la villa surélevée sous les pins, terrain en pente dunaire, La Baule
Terrasse-loggia de la villa classée, mur en granit rose et large débord de toiture bois, pinède de La Baule

Un belvédère discret au cœur de la pinède

Le terrain dévale sous les pins maritimes, les chênes verts et les cyprès. La maison, elle, tient le haut du jardin — petite vigie posée sur la cime des arbres. Nous ne l’avons pas épaissie : nous l’avons coiffée. Un niveau de plus, partiel, en retrait des façades Sud et Ouest, comme un chapeau qu’on incline. Depuis la rue, il s’efface ; on le devine entre deux houppiers. Le faîtage s’élève juste ce qu’il faut — de +16,65 à +18,98 NGF — pour offrir aux deux chambres et au bureau-salon de l’étage une vue qui plonge dans le feuillage.

En contrebas, l’extension se glisse sur la façade Est, seule bande de 3 à 4 mètres que les arbres et le règlement laissent disponible, en mitoyenneté. Elle libère un généreux séjour–salle à manger, redimensionne la cuisine, crée deux chambres de plain-pied et accueille la cage d’escalier jusqu’alors inexistante. Son soubassement teinté blanc et son rez-de-chaussée mêlant granit rose et grandes baies vitrées reprennent, mot pour mot, la matérialité de 1953.

Surélévation en secteur classé : le dialogue ABF de chaque instant

Tout, ici, passe d’abord par l’Architecte des Bâtiments de France. En Site Patrimonial Remarquable, l’aspect extérieur d’une villa distinguée au Patrimoine Architectural Intéressant ne se touche qu’avec l’accord de l’ABF, dont l’avis conforme s’impose à tous. Cette tutelle n’est pas un frein — c’est notre cap.

Chaque geste a été pensé pour elle et avec elle. La surélévation se retire pour ne pas alourdir une silhouette protégée. Les tuiles canal sont déposées puis reposées à l’identique sur quatre pans. Le débord de toiture en pitchpin est restitué fil à fil. L’enduit tyrolien blanc est reconduit sans une nuance d’écart, les pans de granit rose conservés. Là où une rénovation ordinaire choisirait la facilité, une surélévation en secteur classé impose la justesse : sur une maison classée, chaque détail invisible est un détail négocié. C’est la même exigence qui guide nos projets d’agrandissement de maison et nos rénovations du patrimoine balnéaire.

Solutions techniques & réglementaires :

Le projet conjugue augmentation de surface, mise aux normes thermiques et continuité patrimoniale — l’équation même d’une surélévation en secteur classé — dans le cadre strict des prescriptions de l’UDAP / Architecte des Bâtiments de France. Plusieurs partis pris structurent la réponse :

  • Surélévation partielle en retrait des façades Sud et Ouest, pour préserver la lecture de la villa classée depuis l’avenue et ménager sa silhouette protégée ; alignements calés sur les pleins et les vides du rez-de-chaussée.
  • Extension sur la façade Est, sur la seule bande de 3 à 4 m disponible en mitoyenneté, prolongeant le volume initial en pleine continuité matérielle : soubassement blanc, granit rose, baies vitrées, toiture en tuile.
  • Reconduction à l’identique des matériaux d’origine validés par l’ABF : tuiles canal sur quatre pans, débord de toiture en pitchpin, enduit tyrolien blanc, pans de granit rose.
  • Remplacement complet des menuiseries par des profils aluminium d’une grande finesse, teinte blanc RAL 9010, pour gagner en performance thermique sans altérer la modénature.
  • Terrasse-loggia au Sud complétée d’un petit bassin en lieu et place d’un ancien escalier, totalement intégré à la composition et recouvert de travertin comme la terrasse.
  • Soubassement de l’extension semi-enterré, transformé en local technique et de rangement, conformément à la réglementation du bâti en mitoyenneté.
  • Aucun décaissement : amenée des matériaux par une machine de moins de 120 cm se faufilant entre la mitoyenneté et le premier arbre, protection renforcée des arbres remarquables (chênes verts, pins maritimes) par fourreau et grille.
  • Clôture et densité végétale conservées ; accès depuis la rue par l’escalier existant, amélioré de marches en pierre.

À découvrir parmi nos derniers projets d’extensions et de rénovations sur la presqu’île guérandaise.

Perspective d'intention aquarellée du séjour ouvert sur le jardin par de grandes baies vitrées, La Baule
Plan du rez-de-chaussée : séjour, cuisine et extension en façade Est de la villa classée, La Baule
Plan de l'étage en surélévation : chambres et bureau-salon, villa classée à La Baule
Insertion paysagère de la villa surélevée dans la pinède, silhouette discrète à l'échelle humaine, La Baule
Séjour intérieur de la villa rénovée, plafond en sous-face de toiture pitchpin, ouverture sur le jardin, La Baule
Étage en surélévation, bureau-salon sous la sous-face de toiture en pitchpin, vue sur la canopée, La Baule

Points forts de ce projet d’architecte :

  • Surélévation en secteur classé d’une maison distinguée au Patrimoine Architectural Intéressant (Site Patrimonial Remarquable), avenue Raoul Foy à La Baule
  • Villa moderniste de 1953 signée de l’architecte Paul Maître, restituée dans son écriture d’origine
  • Conception conduite en dialogue étroit avec l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), avis conforme
  • Étage en retrait, discret depuis l’espace public, ouvert sur la canopée
  • Extension du rez-de-chaussée en façade Est, terrasse-loggia et petit bassin sur le jardin
  • Chantier sans décaissement, protection des arbres remarquables de la pinède
Plan masse aquarellé du Belvédère des Cimes, surélévation d'une villa classée de 1953 dans la pinède à La Baule

Entreprises :

  • Conception & maîtrise d’œuvre : Meta Architecture
  • Charpente / ossature bois : Atlantique Bois Construction
  • Plâtrerie / cloisons sèches : Plaquistes de l’Atlantique

Matériaux :

  • Menuiseries aluminium d’une grande finesse, teinte blanc RAL 9010
  • Tuiles canal conservées et reposées sur quatre pans
  • Débord de toiture en pitchpin restitué à l’identique
  • Enduit tyrolien blanc et pans de granit rose conservés
  • Terrasse-loggia et petit bassin en travertin
  • Larges baies coulissantes ouvrant le séjour sur la pinède

Élever sans dominer, agrandir sans trahir : la maison a gagné un étage et n’a rien perdu de son silence.

Une réalisation à découvrir parmi nos projets d’architecture sur la presqu’île guérandaise, aux côtés de notre atelier de jardin en bois brûlé à La Baule.