
Extension et rénovation d’une villa basque à La Baule signée Adrien Grave (secteur classé)
Il est des maisons qui portent un nom avant d’avoir une histoire. Ses propriétaires, eux, l’ont surnommée « Mi Rancho » — trois mots qui disent l’essentiel : la chaleur du Sud, l’esprit de villégiature, l’envie d’un refuge à soi. Avenue de Lyon, cette villa basque à La Baule veille depuis 1937 sur un jardin en pente douce, à flanc de coteau. Enduit blanc taloché à la main, pignon débordant, boiseries sombres et modénatures dessinées : elle est signée Adrien Grave — l’un des architectes qui ont façonné le visage balnéaire de la presqu’île. Distinguée au titre du « patrimoine architectural intéressant » dans le secteur classé des villas, elle attendait qu’on la fasse entrer dans le siècle sans lui faire perdre son accent.
Notre projet prolonge son écriture plutôt qu’il ne la corrige : agrandir sans jamais dénaturer, moderniser sans effacer la main d’origine. Deux extensions de plain-pied, une piscine glissée dans le jardin, une entrée reconfigurée et des espaces de vie recomposés viennent offrir à cette maison un usage à l’année, dans le dialogue permanent avec l’Architecte des Bâtiments de France.
Une villa basque à La Baule, à flanc de coteau
Le terrain, d’environ 1 250 m², grimpe de plus de trois mètres depuis l’avenue de Lyon vers le fond de la parcelle, où la maison tient le haut du jardin. Nous sommes ici en secteur classé — la zone UDAvap1, « le secteur des villas » — sous le régime de l’aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine (AVAP / Site Patrimonial Remarquable), avec un classement de 2ᵉ catégorie : « patrimoine architectural intéressant ». Autant dire que rien de ce qui se voit ne se décide sans l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France.
La villa, elle, était intacte dans sa silhouette mais fatiguée dans ses volumes intérieurs : une entrée mal commode, un séjour, une salle à manger et une cuisine cloisonnés, des rangements introuvables. Tout le travail a consisté à libérer les espaces de vie du rez-de-chaussée et à les tourner vers le jardin, sans jamais toucher à ce qui fait l’identité de la maison.
Deux extensions pour habiter à l’année
Le programme se lit en deux gestes complémentaires, tous deux au rez-de-chaussée. Une première extension, « publique », ouvre la cuisine et la salle à manger sur le jardin et crée un espace de convivialité en lien direct avec la future piscine : c’est la pièce du partage, tournée vers la lumière et l’extérieur. Une seconde extension, « privée », abrite une suite parentale — chambre, dressing, salle de bains et WC —, une lingerie fonctionnelle et un bureau au calme, baigné des douces lumières du fond de parcelle.
Entre les deux, l’entrée est redessinée, un WC invité est créé et discrètement mis à l’écart des circulations, et les cheminements du jardin sont pensés pour guider le visiteur depuis la rue jusqu’au seuil. Au total, la surface de plancher passe d’environ 181 à 271 m², et l’emprise au sol se déploie sans jamais saturer la parcelle : la pleine terre reste largement majoritaire, comme l’exige le règlement.
Prolonger l’œuvre sans la trahir : le dialogue ABF de chaque instant
Sur une villa signée, chaque détail compte double. Le parti pris a été clair dès l’esquisse : se référer à la typologie du bâti existant et reconduire, mot pour mot, la matérialité d’origine. Enduit taloché à la main, teinte blanche à l’identique ; menuiseries en bois — en remplacement des PVC rapportés au fil des ans — dans une teinte gris ciment (RAL 7033) ; boiseries et modénatures reprises dans le même ton ; toiture en tuiles mécaniques ; pilastres en pierres appareillées ; terrasse en IPE. Le volume annexe côté rue, plus contemporain, s’autorise un bardage vertical à claire-voie en douglas naturel, franc et sobre.
Pour ne pas alourdir l’œuvre d’Adrien Grave, les extensions ne viennent pas s’accoler brutalement au volume principal : des éléments de jonction les mettent volontairement à distance, comme une respiration entre l’ancien et le nouveau. Au jardin, la même délicatesse : aucun arbre remarquable n’est impacté, et l’implantation a été calée sur place, en préservation du système racinaire, avec l’expert arboricole.
C’est là toute la différence entre une rénovation ordinaire et un projet en secteur classé : la justesse plutôt que la facilité, et chaque geste négocié pour la maison, avec elle. La même exigence guide nos projets d’agrandissement de maison et nos surélévations en secteur classé sur la presqu’île.
Solutions techniques & réglementaires :
Le projet conjugue agrandissement, remise à niveau du confort et continuité patrimoniale, dans le cadre strict des prescriptions de l’UDAP / Architecte des Bâtiments de France. Plusieurs partis pris structurent la réponse :
- Deux extensions de plain-pied greffées au volume principal — l’une « publique » ouverte sur le jardin et la piscine, l’autre « privée » dédiée à la suite parentale, la lingerie et le bureau.
- Éléments de jonction mettant les extensions à distance du volume d’origine, pour ne pas dénaturer l’œuvre d’Adrien Grave et préserver la lecture de la villa.
- Reconduction à l’identique de la matérialité d’origine : enduit taloché blanc, menuiseries bois RAL 7033, boiseries et modénatures assorties, toiture en tuiles mécaniques, pilastres en pierres appareillées.
- Terrasse en IPE et cheminements paysagers guidant le visiteur depuis l’avenue jusqu’au seuil, sur un terrain en pente de plus de 3 mètres.
- Piscine intégrée au jardin, en lien avec l’extension de vie, sans impact sur les arbres remarquables.
- Volume annexe sur rue traité en bardage douglas à claire-voie, écriture plus contemporaine et sobre.
- Implantation calée en préservation du système racinaire, validée sur place avec l’expert arboricole ; clôtures et réseaux existants conservés.
- Gestion de la pleine terre et de l’emprise au sol conforme au règlement AVAP du secteur des villas.
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L’héritage d’Adrien Grave, l’architecte qui a dessiné La Baule
On ne rénove pas une villa d’Adrien Grave (1888-1953) comme une maison ordinaire. Né à Paris et installé à La Baule au milieu des années 1920, ce Parisien devenu Baulois d’adoption a signé, en trois décennies, plusieurs centaines de villas, immeubles et édifices publics qui composent aujourd’hui l’essentiel du décor de la station.
On lui doit la gare de La Baule-Escoublac (avec Roger Pons), l’église Sainte-Thérèse (1934), l’école des Érables, et jusqu’au blason de la ville, adopté en 1951. Formé aux Beaux-Arts, il fut salué à sa mort pour son « esprit primesautier et classique » et son « goût des souvenirs grecs et des campagnes romaines ». Esthète, mondain et truculent, il animait les nuits huppées de La Baule, coiffé d’un stetson blanc au volant de sa décapotable.
Son architecture lui ressemble : un dessin épuré sur lequel il applique de lourds enduits en vagues coulantes et amples, et parfois des frises de couleurs crues sur les frontons. Éclectique par goût autant que par époque, il passe avec une aisance rare du néo-breton au style paquebot, de l’Art déco de La Baule-les-Pins au registre néo-basque — celui, précisément, de notre villa basque à La Baule, avenue de Lyon.
Car le style basque fut l’un de ses terrains de jeu favoris. On retrouve sa signature dans toute une famille de villas aux noms venus du Pays basque, où etxe désigne la maison : Etche Gorria (« la maison rouge », 1927), Etchola (1938), Etche Yette (1939), mais aussi Basquita, Maïtena, Ohentzea, Fleur de Béarn ou El Camino. Pignon découvert, larges débords de toiture, colombages peints et enduits clairs : autant de traits que notre villa partage et que le projet s’est attaché à préserver. Restaurer cette maison, c’est prendre place, avec humilité, dans une lignée — celle d’un patrimoine balnéaire que Meta Architecture s’attache à faire vivre plutôt qu’à figer.
Points forts de ce projet d’architecte :
- Rénovation et extension d’une villa basque à La Baule signée Adrien Grave en 1937, avenue de Lyon
- Maison distinguée au « patrimoine architectural intéressant » en secteur classé (AVAP / Site Patrimonial Remarquable, zone UDAvap1)
- Conception conduite en dialogue étroit avec l’Architecte des Bâtiments de France (avis conforme)
- Deux extensions de plain-pied : une pièce de vie ouverte sur le jardin, une suite parentale privée
- Piscine, terrasse en IPE et cheminements paysagers sur un terrain en pente
- Surface de plancher portée d’environ 181 à 271 m² sur une parcelle de 1 250 m²
- Matériaux d’origine reconduits à l’identique, préservation des arbres remarquables
Intervenants :
- Conception & maîtrise d’œuvre : Meta Architecture
- Maîtrise d’œuvre d’exécution : Casamor
- Gros œuvre : Gourraud Construction
- Bureau d’études structure : Pezzo Ingénierie
- Paysage : Charles Paysages
Matériaux :
- Enduit taloché à la main, teinte blanche à l’identique de l’existant
- Menuiseries bois, teinte gris ciment RAL 7033
- Boiseries et modénatures assorties (RAL 7033)
- Toiture en tuiles mécaniques
- Pilastres en pierres appareillées
- Terrasse en IPE, bardage douglas à claire-voie sur le volume annexe
Agrandir sans trahir : « Mi Rancho » a gagné de l’espace et n’a rien perdu de son accent basque.
Une réalisation à découvrir parmi nos projets d’architecture sur la presqu’île guérandaise, aux côtés de notre surélévation d’une villa classée à La Baule.















